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Plongée enfant : est une plongée spécifique prenant en compte l’âge, la maturité physique et psychologique de l’enfant. Le temps et la profondeur sont limités pour assurer tout le confort et la sécurité nécessaire. Outre la découverte ludique du monde sous-marin, la plongée est une activité riche et complète qui, grâce à ses spécificités d’entraide et de responsabilisation contribue à l’épanouissement de l’enfant.

Grâce à un encadrement spécialement formé et grâce à des sites de plongée adaptés, les enfants pourront passer, au sein de notre club, des diplômes. enfant-campomoro-plongee-corse-sud-ouest
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Préparations au Plongeur de Bronze, d'Argent ou d'Or
Qualifications Gilet, Bateau, Palanquée.



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Quel type de plongée pour quel enfant? Marc-Alain Panchard, Pédiatre FMH, Néonatologue, Médecin chef du service de Pédiatriede l'Hôpital Riviera, Vevey, Suisse, P** CMAS, Membre SGUHM (Société Suisse deMédecine Subaquatique et Hyperbare), Medical Examiner of Divers La plongée enfant connaît actuellement un essor considérable, lié autant à des facteursculturels qu'économiques. Afin de préserver la santé des enfants pratiquant cette activitéde loisir, il est essentiel de tenir compte de leur immaturité tant physiologique quepsychologique, et d'évaluer de façon scrupuleuse le contexte dans lequel se situera leurpratique de cette activité. Peu de temps après la mise au point du scaphandre autonome, J.Y. Cousteau initiait sesenfants à la plongée sous-marine. Le moins que l'on puisse dire est que l'expérience a dûêtre mouvementée et qu'il est presque miraculeux que ses fils aient survécu! En effet, dansLe monde du silence, on peut lire: Pendant l’été qui suivit la Libération, je revins un jour deParis avec deux minuscules scaphandres autonomes pour mes enfants, Jean-Michel etPhilippe, âgés respectivement de sept et de cinq ans(…). Il n’est pas absolumentnécessaire de savoir nager pour descendre avec un scaphandre autonome(…). Impossiblede les empêcher de parler. Philippe perdit son embout : je le lui replantai vite dans labouche et je bondis aussitôt vers Jean-Michel, dont je remis en place le tuyau respiratoire(…). Depuis lors, les choses ont évolué, et ne se passent heureusement plus ainsi. Néanmoins, il n'existe pas de consensus sur le moment adéquat pour commencer la pratique de laplongée sous-marine. Nous allons voir que ce moment dépend essentiellement del'encadrement proposé. Si l'on recense les pratiques existantes, on peut constater de grandes diversités. Un auteurmédecin rapporte des plongées dès l'âge de 2 ans et demi (!) dans les lagons de Tahiti, ilest vrai! À l'autre extrême, certains estiment qu'il faut avoir 16 ans pour commencer la plongée sous-marine. Chez les moniteurs, les mêmes variétés d'attitudes se rencontrent: si certains recommandent la plongée comme activité d'éveil dès 6 ans (J.J. Gautier, del'Association Réflexion sur la Plongée Enfant), d'autres n'hésitent pas à expliquer, sur leursite Internet, pourquoi ils refusent d'entraîner les enfants à la pratique de ce sport (TaylorL.H.. Why I do NOT train kids. http://www-personal.umich.edu/~lpt/kids.htm). Il appartiendra donc à chacun de se prononcer, mais en gardant à l'esprit 3 facteurs: l'enfant est un être différent de l'adulte sur le plan de l'anatomie et de la physiologie; l'enfant est un être différent sur le plan psychologique; tous les encadrements ne se valentpas. La plongée est une activité source certes de beaucoup de plaisirs, mais n'est, pourl'enfant qu'un loisir, au même titre que le foot, le karaté, l'escalade ou le saut à l'élastique... Il est important de se souvenir qu'elle n'est donc pas indispensable au développement del'enfant. Nul certificat ou diplôme ne vaut la santé ou la vie d'un enfant. Facteurs physiologiques et anatomiques Système respiratoire La consommation d'oxygène de l'enfant est plus grande que celle de l'adulte compte tenude la différence de poids. En cas d'apnée, volontaire ou forcée, la capacité de résistancede l'enfant sera donc plus faible. Par ailleurs, son propre espace mort est, proportionnellement, plus grand que celui d'unadulte. Il faudra donc, plus encore que chez l'adulte, éviter de l'augmenter par du matérielinadapté. Le plus important des facteurs est cependant le petit diamètre des voies respiratoires, surtout des petites bronches. La résistance au passage de l'air sera donc énormémentplus grande que chez l'adulte, puisqu'elle n'augmente pas linéairement, mais à lapuissance quatre par rapport à la baisse du diamètre. L'enfant se retrouve donc facilementdans une situation un peu comparable à celle d'un asthmatique, qui ne peut pas facilementévacuer l'air de ses poumons. On imagine donc le risque important de surpressionpulmonaire que cela peut faire courir à la remontée, surtout si elle s'effectue encatastrophe. On sait aussi que, dans ce domaine, la faible profondeur de plongée neprotège pas des accidents, des barotraumatismes pulmonaires étant survenus en piscine, lors de remontée avec la glotte fermée. Système cardio-vasculaire Le foramen ovale perméable est un sujet de controverse très vif au sein de la communautédes plongeurs et médecins de la plongée. Même si la question est loin d'être résolue, ellemérite d'être posée aussi chez l'enfant. La fréquence exacte du foramen ovale chez l'enfant n'est pas connue, mais comme elle décline avec l'âge on peut supposer qu'elle estplus élevée chez l'enfant plus jeune. Le risque d'embolies gazeuses par ce foramen ovaleest donc potentiellement plus grand. La régulation de la température Pour des raisons de composition corporelle (moins de graisses) et de rapport entre lasurface corporelle et le volume, un enfant se refroidit plus vite, dans une eau froide, qu'unadulte. Par exemple, on a montré qu'un séjour prolongé dans une eau à 20.3° ne modifierapas la température centrale de l’adulte, alors qu’on observera une chute de 2.5 à 3° chezl’enfant. Le système ORL (nez, gorge, oreilles) L'anatomie de l'enfant est différente et complique énormément l'équilibration à la descente(réponse à la déglutition paradoxale car la trompe d'Eustache se ferme, béance tubairevolontaire impossible). D'autre part, pour beaucoup d'enfants, la manoeuvre de Valsalvaest plus difficile à comprendre. A la descente, le risque de barotraumatisme est donc plusgrand chez l'enfant que chez l'adulte Système locomoteur Le squelette de l'enfant est en croissance, et ce parfois jusqu'à l'âge de 18 ans. Il est doncimportant de s'intéresser aux effets de la plongée sur le système locomoteur de l'enfantplongeur. On peut envisager deux effets nocifs. Tout d'abord le poids de l'équipement. À une époque où l'on constate que l'on doitsurveiller le poids des sacs scolaires des enfants, la surcharge représentée parl'équipement de plongée est à considérer avec attention. Le problème peut cependant êtrerésolu par le choix d'un matériel adapté à l'enfant (l'industrie s'est rapidement lancé dansce créneau) ou par l'utilisation d'un détendeur de type narguilhé branché à la bouteille del'enseignant. D'autre part, la croissance est assurée par les cartilages de croissance, situés auxextrémités des os ou à leur pourtour. Certains spécialistes se sont inquiétés de l'effet quepourraient avoir sur ces cartilages les micro-bulles circulantes liées à la décompression. Cependant, si l'on pousse le raisonnement plus loin, il est important de considérer que cescartilages de croissance sont richement vascularisés, et se comporteront comme destissus à période courte. En pratique, un auteur a réalisé un suivi de la croissance d'enfants plongeurs et n'a pas mis en évidence de problème. Un dernier point, qui peut sembler comique seulement à un non-plongeur a trait à la formedu bassin de l'enfant, très étroit en comparaison de celui de l'adulte. Tout pédiatre (ouparent) qui a vu les enfants baisser leurs pantalons sans les déboutonner comprendraqu’une ceinture de lest aura une tendance spontanée à glisser de la taille vers les jambes, puis vers le fond marin, condamnant le plongeur pédiatrique à une remontée incontrôlée, ainsi qu’à ses corollaires : accident de décompression et surpression pulmonaire. La composition corporelle Composé de moins de graisses, l'enfant renferme plus d'eau pas unité de poids qu'unadulte. Sa composition doit donc, pour sa santé, rester plus "humide" que celle d'un adulte. La perte d'eau bien connue des plongeurs va donc représenter pour lui un risque plusgrand de déséquilibre que pour un adulte. Les boissons seront donc encore plusimportantes chez le plongeur pédiatrique. D'autre part, les volumes relatifs de l'enfant et de sa combinaison seront différents de ceque l'on constate chez l'adulte et rendront son équilibrage plus difficile (la combinaisonétant pour lui plus grande relativement que chez un adulte, sa compression en profondeurreprésentera un changement de volume relativement plus important). La physiologie des gaz Les mécanismes de saturation et de désaturation tissulaires sont bien compris chezl’adulte. Cette compréhension a permis la mise au point de tables fiables aussi bien pour ladécompression physiologique que pour la thérapie hyperbare des accidents dedécompression. Les algorithmes de calcul des ordinateurs de plongée sont basés sur cesconnaissances. Cependant, ces mécanismes n’ont jamais été étudiés chez l’enfant. Il y a cependant fort àparier que la cinétique de saturation-désaturation ne sera pas la même que chez l’adulte, ne serait-ce qu’en raison des différences de composition corporelle. Il conviendra de s’ensouvenir, aussi bien lors de la planification du profil de plongée que lors d’une éventuellerecompression thérapeutique. Les données des ordinateurs de plongée, ici encore plusqu’ailleurs, doivent donc être considérées comme indicatives, et pondérées en fonction dela situation. Une étude a permis de démontrer que l’importance des bulles circulantes asymptomatiques après la plongée diminue avec l'âge. Cependant, elle ne concerne quel’adulte et ne peut être extrapolée sans autres à l’âge pédiatrique. Enfin, la pression partielle d’oxygène tissulaire augmente significativement avec laprofondeur. L’innocuité de cette augmentation sur divers tissus en croissance reste à prouver. Comment prendre en compte ces facteurs physiologiques et anatomiques? Parmi les particularités physiologiques de l’enfant, aucune n'est réellement une contre- indication absolue à la plongée. En effet, bien que de nombreuses inconnues demeurent, des adaptations, techniques ou pratiques, sont souvent possibles. Les plus importantessemble évidemment une limitation de la durée, de la profondeur, et une adaptation despaliers, en étant encore plus prudent que d'habitude dans l'interprétation des indicationsdes ordinateurs. La table suivante résume les mesures à prendre en compte, en fonction de la particularité pédiatrique envisagée. Particularité de l’enfant Conséquence sur la plongée Espace mort relativement plus grand Matériel respiratoire de volume interneréduit Résistances respiratoires élevées Vitesse de remontée plus lente que 10m/min Foramen ovale perméable Limitation de la profondeurLimitation de la durée Allongement du palier de sécurité Sensibilité au froid augmentée Combinaison adaptéeLimitation de la durée Équilibration ORL plus difficile Masque toujours pourvu de contreforts nasaux Descente plus lente Squelette en croissance Matériel léger et adapté Risque éventuel sur les cartilages decroissance Limitation de la profondeurLimitation de la durée Allongement du palier de sécurité Bassin étroit Lestage approprié (p.ex. incorporé augilet, ou sous forme de harnais) Composition corporelle différente Isolation thermique appropriéeInsister sur les boissons (eau, thé chaudselon la température) Pas de plongée en eau froide Cinétique des gaz mal étudiée Limitation de la profondeurLimitation de la durée Pas de plongée successive Facteurs psychologiques Maturation psychologique Afin de définir l’adéquation de l’enfant au voyage en milieu sous-marin, par définitionhostile, il est bon de réfléchir à l’âge d’apparition de l’attention aux détails, du jugementadéquat, du sens des responsabilités, de la capacité d’attention constante, du respect desrègles, du sens du danger et de la conscience de la mort. Les enfants n’agissent pas, ne pensent pas, ne réagissent pas et ne jouent pas comme les adultes. Selon Piaget, psychologue de renommée internationale, ce n’est qu’entre 7-8 et 12 ansque l’enfant passe d’un mode de pensée pré-opératoire à un mode de pensée opératoireconcret. Ce n’est qu’après 11-12 ans que s’élabore enfin la pensée formelle dont lesgroupements caractérisent l’intelligence réflexive achevée. Seule la pensée formellepermettra au plongeur de se tirer d’une situation imprévue. La conservation de l’égalité delongueur apparaît vers 7 ans, de l’égalité de poids vers 9 ans et de vitesse vers 12 ans. Lerespect mutuel fait son apparition entre 7 et 12 ans, et la personnalité débute vers la fin del’enfance (8-12 ans) avec l’organisation autonome des règles et des valeurs. D’autre part, la prudence, mère de la sûreté aussi en plongée, est reliée à la conceptionque peut avoir le sujet de la mort, notamment de sa propre mort. Or ce n’est qu’entre 10 et12 ans que la mort acquiert son caractère permanent (on est mort pour toujours), universel(tout le monde peut mourir une fois) et personnel (cela peut m'arriver à moi aussi). En résumé, l’organisation intellectuelle de l’enfant ne lui permettra de prendre consciencedes tenants et aboutissants de l’incursion sous-marine que vers l’âge de 12 ans. Certains auteurs suggèrent que le plongeur pédiatrique doive être à même, comme toutplongeur, de tirer son coéquipier d’affaire en cas de problème. Cette assertion estcependant discutable. Il peut en effet être question d’accompagner l’enfant en plongéesans vouloir faire de cette expérience une plongée standard de type adulte. Mais on devradans ce cas revoir le concept du binôme pour prévoir un encadrement plus important pourl’enfant plongeur. Pourquoi ne pas envisager des plongées à quatre : en cas de problèmesurvenant à un des plongeurs adultes, un autre peut intervenir et le troisième adulteraccompagnera l’enfant à la surface ? D'autres auteurs pensent qu’un enfant doit aussi être à même de comprendre les basesthéoriques de la plongée pour être initié. Rien n’est moins évident, cependant. On n’exigepas d’un enfant qu’il connaisse les bases théoriques de l’alpinisme pour l’emmener sebalader en montagne, ni qu’il maîtrise le code de la route avant de l’accompagner pour unepromenade à vélo. Bien encadré, un enfant peut ignorer les lois de Dalton ou de Boyle- Mariotte et tout de même plonger, pour autant qu’une connaissance intuitive desconséquences de ces lois puisse lui être inculquée (le ballon gonflé au fond et qui exploseen remontant est toujours très marquant). La motivation d’un enfant à vouloir plonger n’est pas toujours évidente. S’il est des cas oùle désir d’exploration et de communion avec la nature l’emporte, il convient de se méfiernotamment des enfants de plongeurs. Il n’est en effet pas rare de voir un enfant manifesternon pas son désir mais celui de ses parents. Il est évident que l’on ne pourra pas dans cecas attendre de lui la concentration et le calme suffisants. L’appréciation de l’aptitude à laplongée ne pourra donc se faire sans une évaluation approfondie de la motivation proprede l’enfant. Comment prendre en compte ces facteurs psychologiques? On peut donc, en fonction de l'évolution psychologique de l'enfant définir trois zones. Unepremière, où l'enfant est trop jeune pour plonger, quel que soit l'encadrement. Uneseconde zone, où il est clair que l'enfant va se comporter de façon similaire à un adulte. Etune troisième zone, intermédiaire, où l'enfant pourra plonger, à condition que le milieu etl'encadrement lui soient adaptés. Il est malheureusement fort difficile de définir les limitesde chacune de ces zones, qui varient d'ailleurs probablement d'un individu à l'autre (onpeut même penser, sans trop plaisanter, que certains adultes n'auront jamais la maturitésuffisante pour être autorisés à plonger...). Occupons-nous tout d'abord de la limite supérieure. Il est probablement raisonnabled'envisager qu'un adolescent puisse plonger de façon tout à fait similaire à un adulte dèsl'âge de 16 ans. De ce qui a été exposé plus haut, la majorité des adolescents peuventmême pratiquer la plongée avec de minimes adaptations de l'environnement dès l'âge de14 ans. En ce qui concerne la limite inférieure, elle est plus difficile à définir, et ne peut être fixéede façon univoque. En effet, son appréciation dépend fortement de l'encadrement. L'enseignement et la pratique de la plongée dans un club de vacances, en mer chaude, mais avec du personnel habitué uniquement aux adultes, avec des groupes mixtesd'enfant et d'adultes devront être considéré comme peu sécurisé et ces conditions feront déconseiller cette pratique aux plus jeunes. Au contraire, plusieurs groupes ont pu montrerque l'accompagnement des enfants par des cadres spécialement formés à cettepédagogie particulière, au sein de groupes composés exclusivement d'enfants, avec une lente progression en piscine avant la première excursion en eau libre pouvait se faire dèsl'âge de 8 à 10 ans. Il est donc de première importance, pour que le médecin puisse décider de l'aptitude del'enfant à la plongée qu'il puisse disposer d'une vue compète de la situation, et qu'il puisseévaluer: l'enfant lui-même, sur le plan physique et surtout sur le plan psychologique ainsique de sa motivation propre. Pour ce faire, il doit pouvoir compter sur sa connaissancepropre du candidat, par exemple, s'il en est le pédiatre habituel, ou sur l'avis desenseignants ou du pédiatre habituel dans le cas contraire. Dans les cas limites, l'avis d'unpsychologue spécialiste de l'enfant n'est pas à négliger. L'avis des parents quant à lamaturité de leur enfant est malheureusement sujet à caution, pour des raisons évidentesde manque d'objectivité et de motivation personnelle. -le milieu dans lequel sera formé l'enfant. Il doit en effet pouvoir vérifier que laformation envisagée soit spécifiquement dédiée aux enfants, par du personnelspécialement formé à cet effet, et que la progression soit adaptée aux enfants. Pour cetteraison, il est extrêmement délicat de se prononcer sur la demande faite en urgence par lesparents, deux jours avant le départ pour des vacances balnéaires dans un club dont lemédecin ignore tout. Pour ces mêmes raisons, il est nécessaire que le médecin dispose de compétencesétendues: connaissance de la médecine de l'enfant en général, connaissance du candidaten particulier, connaissance de la médecine de la plongée, et, il est nécessaire de lementionner, indépendance face à l'organisation dans laquelle l'enfant sera amené àplonger. Le médecin mandaté par le club de vacances pour évaluer les candidatspédiatriques risque en effet de ne pas avoir toute l'objectivité voulue. Conclusion 1°) Sur le plan physique, les limitations sont peu nombreuses et peuvent être surmontéesle plus souvent par une adaptation du matériel et du plan de plongée. Ce sera donc lesfacteurs psychologiques qui vont principalement dicter la décision d'aptitude à la plongéesous-marine de l'enfant. 2°) Ces facteurs psychologiques dépendent de l'enfant en question et du milieu dans lequel il va être formé à la plongée sous-marine. Ces paramètres doivent être disponibleset pris en compte par le médecin appelé à évaluer l'aptitude du candidat. 3°) Ce médecin doit disposer d'une formation spécifique et consacrer beaucoup plus detemps à l'évaluation d'un candidat plongeur pédiatrique que d'un candidat adulte. Il pourrapratiquement toujours négliger l'électrocardiogramme, mais jamais l'entretienpsychologique. 4°) Le médecin et les moniteurs doivent toujours garder à l'esprit et répéter aux parents que La plongée de l’enfant n’est qu’une activité de loisir! Elle n’est certainement jamaisnécessaire à son équilibre physique ou psychologique. Il convient donc de peserattentivement le bénéfice attendu et le risque encouru. Ce dernier n’est jamais nul et biendes plongeurs sportifs ont tendance à l’oublier. Cousteau lui-même reconnaît n’avoir paseu toujours conscience du risque encouru : Je sentais bien, confusément, que je trichaisavec la nature. Mais il me semblait impensable qu’il y eût une punition pour un péché aussimerveilleux. Aux Etats-unis, pays de la voiture et de l’enfant rois, un instructeur deplongée, Larry Taylor recommande aux parents d’attendre, pour laisser leur enfantplonger, d’avoir assez confiance en lui pour lui laisser conduire la plus chère des voituresdu ménage…… Adresse pour la correspondance: Dr Marc-Alain Panchard, Rue d'Italie 58, CH-1800Vevey, Suisse. map@swissonline.ch Campomoro est un cul-de-sac, en conséquence il n’y a pas de transit de voitures, les enfants peuvent descendre seuls à la plage sans risque. La plage de Campomoro entièrement en sable blanc d’une longueur de 1,5 Km est totalement protégée des vents et des vagues. Sa pente très douce est très sécurisante pour les enfants. Elle est de plus surveillée, avec un périmètre réservé aux baigneurs. De tous temps les enfants ont été intéressés par les fonds sous-marins et la pratique de la plongée libre n'est pas quelque chose de nouveau. Curieux de nature, ils ont toujours cherché à découvrir par eux-mêmes ce qui se passe sous la surface de l'eau. Bon nombre de passions sont apparues lors de vacances au bord de la mer, grâce à un masque et une paire de palmes qui leurs ont permis de descendre à la rencontre de l'inconnu. L'idée de faire plonger les enfants est quelque chose de très récent dans l'histoire déjà très courte de la plongée sportive. Les précurseurs de la plongée ont rivalisé d'invention, en adaptant leur propre matériel à leurs enfants, afin de partager avec eux, leur passion et leur émerveillement. Beaucoup d'entre eux sont devenus les émules et ont poursuivi l'action de leur père. Pour l'opinion publique, la plongée est considérée comme une activité jugée dangereuse réservée aux adultes, qui est restée longtemps influencée par ses origines professionnelles et militaires. Il est impensable de confier un matériel aussi sophistiqué à des enfants de moins de 16 ans. Saluons au passage les démonstrations et les entraînements qu'organisait le Commandant Le Prieur dans les années 1935 dans les piscines parisiennes et à l'aquarium du Trocadéro. En fait, il faut attendre les années 60-70 pour découvrir les premières expériences, il s'agit de plongeurs eux-mêmes, souvent moniteurs ou médecins, c'est à dire une population de plongeurs au fait des risques encourus. Les premières tentatives structurées datent des années 70-80 et sont à rechercher du côté des expériences des "bébés nageurs" dévoilées par "Jean Vallet" Professeur E.P.S. à l'Institut National des Sports et le Docteur Guy Azémar. Les moniteurs accueillant les jeunes enfants utilisent une grande variété de moyens pédagogiques et de matériel dont des masques, des lunettes, des palmes etc..., et plus tard des bouteilles. Le mouvement associatif. La prise en compte par les fabricants de matériel, d'équipements spécialement étudiés pour les enfants a été le facteur déclenchant pour la pratique des enfants. Les premières combinaisons vraiment isothermes datent de 1980. Jusqu'à cette date, il n'existait qu'une seule sorte de masque et quelques petites palmes. Quand aux stabs ils n'ont fait leur apparition que dans les années 1990. En 1979 Henri Pouliquen s'installe en Polynésie avec la ferme intention de faire plonger les enfants dans un lagon qui s'y prête à merveille: eau chaude, claire poissonneuse et tout cela dans des petits fonds sécurisants. Depuis cette époque le "Corail Sub Tahiti" ne cessera de se développer. En 1990 il regroupe 190 adhérents dont les plus jeunes ne sont âgés que de 4 ans. Le club subaquatique de Carry le Rouet possède lui aussi une longue expérience de la plongée pour les jeunes de 12 à 16 ans qui remonte aux années 1975. Le club intercommunal de sports nautiques (C.I.S.N.) dans le Val d'Oise est le premier club de plongée de métropole réservé exclusivement aux enfants. La section plongée a été créée en 1981 pour les enfants de 6 à 12 ans. Jean Jacques Gauthier qui en assura la direction est Kinésithérapeute et B.E.E.S.2 de plongée1. Il est à l'origine de nombreuses opérations qui doivent permettre de déterminer les limites de la pratique pour des enfants (temps, profondeur, fréquence d'immersion). Des rapports étroits le lient au service du professeur Rieu à l'hôpital Cochin de Paris. La qualité du suivi permet de réelles avancées dans le domaine de la sécurité, du matériel et de la pédagogie. Enfin de nombreuses réalisations le propulsent en avant de la scène aquatique avec des séjours lointains, 70 enfants en Jordanie en 1988 et à la Guadeloupe en 1991. Daniel Mercier (véritable précurseur dans le domaine subaquatique) est un des premiers à ouvrir son club d'Antibes "Le Spondyle" aux enfants. A partir de 1984, des structures de vacances proposent pour des jeunes de 12 ans des stages d'initiation à la plongée. C'est le cas de Jeunesse et Marine sur l'île de Croix. En Novembre 1986, le colloque des instructeurs de l'Ile de France de la F.F.E.S.S.M. réunit à Bendor, centre sa réflexion sur la plongée des enfants. Il tire comme conclusion que la plongée avec scaphandre ne peut être pratiquée en dessous de 10 ans et qu'il est peu important de se pencher sur les méthodes pédagogiques. "L'important est d'enseigner bien et efficacement quels que soient les procédés choisis". En Février 1987 la F.F.E.S.S.M. organise un colloque en région parisienne dont le contenu touche à la fois les aspects médicaux, juridiques, pédagogiques. Invité à ce colloque nous intervenons sur le thème de la plongée à l'école et plus particulièrement la notion d'espaces aquatiques. Le courant scolaire. Nous sommes les premiers en 1982 a avoir introduit la plongée dans le milieu scolaire. Parallèlement à notre action quelques enseignants d'E.P.S. ou de biologie mettent sur pied des P.A.E. (Projet d'action éducative) qui s'organisent autour de la plongée. Yvette Tavernier (professeur E.P.S.) et Colette Rabu (professeur de biologie) emmènent des enfants découvrir, durant trois années consécutives, la faune et la flore bretonnes, méditerranéennes et de la Mer Rouge. Chaque voyage fait l'objet d'une préparation méthodique étalée sur l'année et d'un compte rendu sous forme de film ou de diaporama. A partir de 1989 la fédération assure la promotion de la plongée dans les écoles sous le couvert de "Promotion Plongée". Animé par Claude Wesly, chef plongeur de la Calypso, premier homme avec Albert Falco a avoir vécu sous la mer, cet organisme regroupant la fédération et les fabricants de matériel assure durant toute l'année des opérations de présentation de la plongée dans le milieu scolaire. La structuration et la constitution de l'A.R.P.E. Le 19 Janvier 1985 a lieu durant le salon nautique de Paris le premier colloque sur la plongée et les enfants. Il est à l'initiative: - du S.N.M.P. (syndicat national des moniteurs de plongée), - de l'A.N.M.P. (association national des moniteurs de plongée), - de la F.S.G.T. (fédération française gymnique du travail), - de la F.F.E.S.S.M. (fédération française d'études et de sports sous-marins). Invité à ce colloque nous développons le thème de la plongée dans le domaine scolaire. Faisant suite à ce congrès le C.I.S.N. du Val d'Oise organise un stage sur l'enseignement de la plongée aux enfants afin de regrouper les intervenants qui jusqu'alors interviennent individuellement. A la fin du stage, la décision est prise de fonder une structure permanente dont le rôle consiste à coordonner et diffuser les informations, à organiser chaque année un stage de formation, à publier des cahiers techniques etc... L'A.R.P.E.2 est officiellement créée en 1986. René Béretz en assume la présidence depuis la date de création et Jean pierre Malamas la présidence honoraire.>br> Chaque année, un stage regroupant une trentaine de stagiaires est organisé à l'automne. De nombreux conférenciers se succèdent parmi lesquels des moniteurs de plongée, des chercheurs du sport, des professeurs d'éducation physique etc... Les thèmes abordés concernent tout à la fois la pédagogie, la médecine, le matériel... Des séances pratiques avec des enfants ont lieu en piscine concrétisant ainsi les exposés théoriques. L'A.R.P.E. est à l'origine des Journées européennes de la plongée des enfants mises en place en Mai 1991. Dès la première année elles ont regroupées 150 enfants de 6 à 16 ans et 60 adultes pendant 5 jours à Banyuls-sur-mer. La plongée enfant prend une grande importance et s'exporte à l'étranger. L'A.R.P.E. rencontre un énorme succès en France et dans tous les pays francophones (Belgique, Suisse, Québec, Italie). II - L'évolution de la plongée. L'histoire de la plongée est étroitement liée à l'invention et au perfectionnement du matériel.
C'est au XXème siècle que revient le mérite d'avoir ré-inventé le scaphandre autonome, ainsi que tout le petit matériel auquel Léonard de Vinci avait songé. Ainsi en 1926 Yves Le Prieur exécute à la piscine des Tourelles à Paris une plongée étonnante grâce à une réserve d'air de 10 mn. Il est équipé de petites lunettes, d'un embout et d'un pince-nez. Le scaphandre Fernez-Le Prieur est né, il pèse 10 kg. En 1933 conscient des lacunes, il complète son invention par un masque qui englobe tout le masque. L'air y arrive en légère surpression et s'en échappe sur le côté. En 1934 une démontration a lieu dans l'aquarium du Trocadéro, une année plus tard est créé le premier club de plongée, c'est le Club des Scaphandriers. En 1935 les palmes, abandonnées depuis Léonard de Vinci voient leur "renaissance" grâce au Commandant de Corlieu. En 1938 Maxime Forjot dépose le brevet d'un masque en caoutchouc. En 1939 c'est Alec Kramarenko qui complète l'équipement avec le brevet d'un tube respirateur à valve interdisant l'entrée de l'eau, ancêtre de notre tuba. La guerre et ses conséquences vont apporter une révolution dans le perfectionnement du matériel. En 1942, Cousteau s'associe à un ingénieur Emile Gagnan qui est spécialisé dans les détendeurs pour gaz comprimé. Le rationnement de l'essence a imposé la recherche de nouvelles énergie pour les automobiles. c'est le temps des voitures à gazogènes. Le détendeur Cousteau-Gagnan est mis au point; il permet de respirer de l'air comprimé à la pression ambiante qui est fourni à la demande. La plongée dans l'espace proche est enfin devenue libre et facile. A la fin de la guerre le G.E.R.S.3 est créé. Il participe au déminage des côtes de la Méditerranée. Dirigé par le Commandant Philippe Tailliez il se compose du Lieutenant de vaisseau Cousteau et du contractuel civil Dumas. Ces trois hommes ont accompli un travail fabuleux tant au plan militaire qu'au plan civil pour la connaissance de la mer. C'est grâce à leur courage, à leur passion et leur ingéniosité que la plongée est devenue aujourd'hui si populaire et que la vie mystérieuse des eaux commence à être connue et respectée. Ainsi que nous le voyons l'histoire de la plongée est récente, 50 ans. D'autre part elle est totalement liée à la pratique professionnelle et à la pratique militaire. La pratique de la plongée correspond à une certaine idée d'aventurier... C'est dans ces antécédents qu'il faut chercher le refus que certains mettent à ouvrir la plongée à d'autres publics. III - L'enfant, la plongée et le droit Pour l'opinion publique, la plongée sous marine merveilleusement médiatisée par les films de Cousteau, reste le privilège des adultes. Mais les adultes qui plongent rêvent de faire partager leur passion à leurs enfants car eux savent que la plongée n'est pas une activité plus dangereuse que le ski, le rugby ou les sports de combat. D'autre part l'apparition sur le marché d'un nouveau matériel adapté aux enfants a fait naître de nouvelles vocations. Il est bon de savoir, dans un premier temps ce que le juriste met sous le terme "enfant". Le droit connaît le mineur de 18 ans qui doit être représenté par ses parents ou ses représentants. L'ensemble des associations sportives, clubs de plongée inclus, acceptent les mineurs à partir de 16 ans, s'ils ont une autorisation parentale. En fait le problème est de savoir comment juridiquement va-t-être considéré le mineur de moins de 16 ans lorsqu'il plonge. Car si on peut dans certains cas assimiler physiquement des adolescents de 16/18 ans à des adultes, en dessous de cet âge l'assimilation est impossible. Par ailleurs il est bon de noter que le ministère de la jeunesse et des sports classe la plongée parmi les six sports à risques. L'aptitude de l'enfant. La loi du 16 Juillet 1984 Il ne s'agit pas d'une aptitude médicale, mais bien d'une aptitude juridique à s'inscrire dans une association en vue de pratiquer une activité physique. La loi du 16 Juillet 1984 relative à l'organisation et à la promotion des activités physiques et sportives4 nous apporte un certain nombre de réponses. L'article 1 reconnaît que les activités physiques et sportives constituent "un facteur important d'équilibre, de santé et d'épanouissement" et sont "un élément fondamental de la vie sociale". "Leur pratique est ouverte à chacun quels que soient son âge et ses capacités". Cette loi s'appliquent dans le cadre des associations loi de 1901 c'est à dire sans but lucratif. Ces associations sont regroupées en fédération au sein desquelles elles ont le pouvoir de fixer des règles techniques et déontologiques parmi lesquelles figure l'âge minimum d'adhésion de leurs participants. En 1980, l'âge minimum fixé par la fédération est de 14 ans, une dérogation médicale peut l'abaisser à 12 ans. Depuis 1994 l'âge minimum est porté par la F.F.E.S.S.M. à 8 ans avec des contraintes médicales très sévères concernant la visite médicale de non contre indication. Les clubs doivent contracter obligatoirement une assurance en responsabilité civile qui couvre à la foie le club et les pratiquants. Le mineur de moins de 18 ans Ainsi que nous venons de le voir le mineur est habilité à s'inscrire auprès d'une association sous réserve de présenter une autorisation parentale (ou de son représentant légal). L'article 3 de l'arrêté du 26 Mai 19835 l'oblige à posséder un certificat médical de non contre-indication délivré par un médecin habilité. Il n'existe pas de texte particulier concernant la visite médicale des jeunes, mais il est certain que l'examen s'adressant à un mineur devra être particulièrement minutieux. Les parents qui donnent l'autorisation à leur enfant de pratiquer un sport à risques engagent leur responsabilité si ce sport n'est pas de leur âge ou s'il est pratiqué dans des conditions dangereuses. L'autorité parentale suppose une obligation de surveillance et d'éducation qui fait peser sur les parents une présomption de faute. Ils en seront dégager s'ils sont en mesure de démontrer qu'ils se sont comportés en personne prudentes et attentives et qu'ils ont agi pour que l'enfant se conduise de même6. Si l'enfant cause un dommage, les parents ne peuvent en être rendu responsable si l'activité est pas en rapport avec l'âge de l'enfant. Par contre les parents seront tenus pour responsable si: - le mineur pratique dans des conditions dangereuses, - si la pratique à lieu sans leur consentement, sauf s'ils peuvent faire la preuve de leur bonne foi. Ce point est particulièrement important quand on sait que l'enfant est considéré comme un être, en pleine évolution, dont on ne peut pas prévoir le comportements et risquant de causer des dommages à lui-même ou à des tiers. La responsabilité du mineur face au matériel qui lui est confié porte soit sur: - la faute commise7, - la garde ou l'usage du matériel qui a causé le dommage. Il est convenu que du matériel sportif peut être confié à des enfants, auquel cas c'est l'enfant qui est responsable, mais si le matériel n'est pas en rapport avec son âge c'est le club qui sera incriminé. Si les deux responsabilités sont retenues, elles sont dites "solidaires et la victime pourra s'adresser à l'un ou à l'autre (l'enfant ou le club) à charge pour celui qui a payé de se retourner contre l'autre débiteur. A la lumière de ce qui précède, on peut dire que l'enfant au sein d'une association n'est pas un adhérent normal et que son comportement va engager la responsabilité de tous les acteurs (club, parents, moniteurs etc...), et ceci d'autant plus que l'enfant est jeune. La protection de l'enfant. Un enfant en plongée est en danger, il convient donc d'assurer sa sécurité. La nature de la responsabilité qui pèse sur le centre de plongée est fonction du lien qui lie le centre à l'élève. Le club de plongée a pour obligation principale de lui apprendre à plonger. Cet acte pédagogique est complexe et la plongée un sport dangereux. La jurisprudence est unanime pour reconnaître une obligation de moyens en ce qui concerne le respect de la sécurité. Dans un arrêt de 1980, la cour d'appel de Poitiers distingue deux obligations pour un club de plongée: -une obligation de sécurité préventive qui se traduit, par la mise à disposition de matériel en bon état, par le rappel des consignes de sécurité, par une constitution des palanquées respectent le niveau des plongeurs. -une obligation de secours d'urgence se traduisant: *par la présence d'une personne compétente pour déplacer le bateau, pour donner des conseils à un plongeur en difficulté, et pour assurer les premiers soins, *par la mise à disposition d'un matériel de réanimation à l'O2 en parfait état de fonctionnement. *par la mise en place d'un plan d'évacuation vers le centre hyperbare le plus proche. Aux yeux de la cour, l'obligation de sécurité est une obligation de moyens. Dans ce cas il y a présomption de responsabilité sana que la victime ait à prouver qu'une faute a été commise. Pourtant en 1965, c'est le cas inverse qui se produit, le tribunal de grande instance reconnaît "la plongée comme une activité difficile qui nécessite un personnel très compétent devant prendre des mesures essentielles pour assurer la sécurité". En conséquence l'obligation de sécurité né du contrat entre l'élève et le club ne peut être assimilé à une obligation de moyens. La victime doit alors prouver la faute et apporter la preuve d'un manquement à l'obligation de sécurité née du contrat. Quels enseignements peut-on tirer pour la plongée des enfants de ce qui précède? La plongée étant reconnue comme une activité à risques, l'obligation de moyens réclamée au centre sportif sera plus élevée pour des enfants que pour des adolescents ou des adultes. Dans tous les cas le fait de faire plonger des enfants sera considéré comme une circonstance aggravante des accidents car la plongée est une activité à risques et que les mineurs de moins de 16 ans nécessitent une protection plus importante. La jurisprudence, dans le cas d'activité de loisir incombe très souvent la faute au centre quand il s'agit de mineurs, alors s'il s'agit d'activités à risques! En résumé on retiendra que: - cette activité est autorisée, - des précautions particulières préalables doivent être prises (visite médicale) - un encadrement spécial s'impose - une assurance couvrant tous les risques est indispensable - la jurisprudence sera toujours plus dure lorsqu'il s'agira de faire plonger des enfants car le comportement d'un enfant est imprévisible donc dangereux pour lui et pour les autres et que le matériel de plongée qu'il manipule n'est pas en rapport avec son âge. IV - La médecine de la plongée pour les enfants. Les questions que se posent le pédagogue qui souhaitent faire plonger un enfant en toute sécurité sont de trois ordres: - à partir de quel âge un enfant peut-il plonger? - dans quel espace faut-il évoluer? - combien de temps doit-il rester? Le manque de recul par rapport à la plongée des enfants à longtemps installé le corps médical dans une position d'abstention. L'enfant est un individu possédant ses propres lois physiologiques. Les conséquences de la plongée sur un adulte et sur un organisme en phase de croissance sont bien différentes. La visite médicale. La visite médicale de non contre-indication est obligatoire. Celle-ci sera plus minutieuse pour un jeune que pour un adulte. Il est souhaitable qu'elle se réalise en présence des parents afin de pouvoir apporter des réponses à des questions parfois très précises et afin de noter le degré de motivation de l'enfant. L'examen ORL fera l'objet d'une attention toute particulière. Les risques particuliers. L'âge minimal. Sans conteste l'appareil respiratoire de l'enfant est le facteur qui va définir l'âge minimal de pratique. Le développement pulmonaire s'effectue durant la période de croissance: les structures alvéolaires qui permettent les échanges alvéolaires acquièrent leur maturité vers l'âge de 8 ans. Le bon fonctionnement de l'appareil respiratoire nécessite à la fois une excellente élasticité pulmonaire qui s'acquiert avec l'âge, et l'absence de résistances à l'écoulement de l'air. Chez l'enfant de 7 ans, il y a risque de fermeture complète des conduits bronchiques par simple immersion et possibilité d'emprisonnement de l'air dans les alvéoles. Si les propriétés d'élasticité du parenchyme pulmonaire sont moins grandes, ce qui est le cas chez des enfants plus jeunes, le risque est encore plus grand. Le fait d'immerger un enfant augmente la pression ambiante donc les résistances bronchiques dues à l'écoulement de l'air. * enfant en dessous de 7/8 ans. Les risques de piégeage gazeux sont importants car c'est une période où le parenchyme pulmonaire est peu élastique, et les résistances à l'écoulement de l'air élevées. Les conséquences peuvent aller de la simple sur-distension pulmonaire jusqu'à la surpression pulmonaire. Il est imprudent de laisser plonger des enfants avec bouteille avant 7 ans. * de 8 ans à l'adolescence Les résistances à l'écoulement de l'air, dues à l'augmentation de la pression ambiante, sont susceptibles d'augmenter le volume de fermeture donc de provoquer une distension ou une surpression pulmonaire. Il est donc impératif de limiter la profondeur afin de limiter la pression ambiante. Nous retiendrons de ne pas dépasser 5 mètres avant 10 ans et 10/12 mètres jusqu'à 12 ans, pour arriver à 15/20 mètres vers 15 ans. Le temps de la plongée doit rester dans la limite de la courbe de sécurité. Ce temps doit également tenir compte de la fonction de thermorégulation de l'enfant. Sa faible couche de graisse l'expose plus que l'adulte à une certaine déperdition calorifique. Le développement psychologique. L'enfant est considéré comme un être immature. 6/7 ans correspond à l'âge de raison. La maturation émotionnelle est un facteur à prendre en considération. Une réaction d'affolement mal maîtrisée peut avoir des conséquences tragiques sur l'enfant mais également sur ses partenaires. Afin que l'enfant puisse être acteur de sa propre formation, il est important qu'il comprenne ce qui lui est demandé donc qu'il accède à un certain degré d'intelligence. Afin de tenir compte des particularités pulmonaires, il ne nous paraît pas souhaitable que l'enfant plonge avant 7 ans. La croissance osseuse Les risques sur la croissance osseuse qui ont été mis en avant pendant de longues années pour écarter les enfants de la plongée ont été très largement surévalués. Les travaux réalisés n'ont pas permis de mettre en évidence de risque de dégazage sur les noyaux d'ossification. Par ailleurs la grande vascularisation des cartilages de conjugaison placent ceux-ci dans une catégorie de tissu de période plus courte que l'os des adultes.
La formation d'embols gazeux au niveau des tissus est toujours possible, comme pour n'importe quel plongeur. Les médecins doivent donc toujours être méfiants par rapport à un quelconque retard de croissance chez un jeune plongeur. C'est à Paul Bert (entre 1870 et 1878) que l'on doit les premières recherches sérieuses sur le rôle de la dissolution de l'azote dans les accidents appelés: "mal des caissons". Ces travaux ont été consignés consignées dans son ouvrage "la pression barométrique". Paul Bert préconisait une vitesse de remontée lente et malgré cela les accidents survenaient tout de même. Ce n'est qu'en 1907 que les travaux de John Scott Haldane conduisent à l'établissement des premières tables de plongée. En 1943, la marine américaine publie les premières tables en s'appuyant sur les travaux de Haldane. Ce sont ces tables que la Marine Nationale transcrit dans le système métrique en 1949. Le but des tables de plongée n'est pas de supprimer l'apparition des bulles dans l'organisme, qui sont inévitables mais de contrôler et de gérer au mieux leur évacuation. Accepter de plonger c'est accepter de prendre un risque. La remontée d'une plongée implique une prise de risques. Le problème pour chacun est de savoir jusqu'où il est prêt à aller dans cette prise de risques uniquement pour se faire plaisir. L'importance des risques pris lors de la remontée est liée à l'utilisation des tables, ils en existent de plusieurs sortes, qui ne sont pas toutes équivalentes. Il est décisif de se déterminer pour l'une ou pour l'autre en toute connaissance de cause. La morphologie des plongeurs, leur condition physique bien différente sont des paramètres qui vont considérablement influer sur les mécanismes de saturation et de désaturation. On ne peut raisonnablement envisager des procédures s'adaptant individuellement à chaque plongeur. Par contre, il est possible de regrouper les individus pour constituer une population à laquelle on fixe des règles comportementales. Cette démarche permet alors d'envisager le traitement de la décompression non pas au cas par cas mais collectivement en considérant la population des plongeurs. Ainsi à partir d'une banque de données suffisamment fournie, le comportement de la population choisie peut être parfaitement défini par une simple analyse statistique. Les tables de plongée à notre disposition en 1975 ont été élaborée plus particulièrement pour les militaires et les scaphandriers. Nous sommes loin de la population des plongeurs sportifs et encore plus des enfants! Il s'agit des tables de la Marine Nationale de 1965 (tables GERS8 65) qui sont la juxtaposition des tables américaines pour les profondeurs comprises entre 15 et 38 mètres et des études de la Marine Nationale pour les profondeurs de 40 à 85 mètres. Malheureusement ces deux tables ne se raccordent pas exactement et offrent dans la zone des 40 mètres une discontinuité dans la courbe sécurité. En France, l'utilisation de tables pour la pratique de la plongée sous marine de loisir n'est pas réglementée à l'inverse de la plongée des militaires ou de la plongée professionnelle, de telle sorte que chaque plongeur peut adopter la table qu'il veut. 1975 /1980 coïncide avec l'apparition d'une population de plongeur loisir, qui abandonne les tables GERS 65 de la Marine Nationale, dont on soupçonnait la fiabilité pour certains domaines de durée et de profondeur, pour les tables du Ministère du travail publiées en 1974. Celles-ci ont été testées sur des chantiers sous-marins des sociétés Comex et Doris. Ces plongeurs considèrent que leur condition physique et que le type d'effort qu'ils réalisent au fond sont moindres mais similaires à ceux des plongeurs professionnels, et qu'en conséquence en utilisant des tables plus pénalisantes, ils vont dans le sens de la sécurité. Durant la période allant de 1965 à 1985, la Marine Nationale constate statistiquement une augmentation du nombre d'accidents de décompression pour des plongeurs ayant parfaitement suivis les procédures de remontée de la table GERS 65. Elle propose donc en 1990 une nouvelle table qui va concerner la population des plongeurs en activité dans la Marine Nationale comme elle l'indique dans le préambule de présentation de ces nouvelles tables: "Elle est applicable au personnel militaire de la Marine, dans le cadre de ses missions, à l'exclusion de tout autre utilisation...... Ces tables pourraient fort bien ne pas convenir hors de ce contexte. A l'évidence ces tables ne sont pas établies pour le public très large qui pratique la plongée sous marine de loisir". Au moins la Marine Nationale a le mérite d'être claire! Mais alors vers qui vont se tourner les plongeurs de loisir? En 1992, le ministère du Travail publie ses tables de plongée sous la forme d'un arrêté au journal officiel du 26 Juin 1992. Elles ont été mises au point par la COMEX. Ces tables doivent utilisées par tous les salariés, y compris les moniteurs de plongée, intervenant en milieu hyperbare9. Qu'en est-il pour les enfants? Les choses n'ont pas évolué depuis 1980. Il n'y a toujours pas de tables calculées pour une population d'enfant. Les précurseurs de la plongée des enfants ont conçu de telles tables en s'interdisant absolument les plongées à palier.